Chargeurs et prestataires : une vision différente sur l’externalisation des services logistiques

 

Capgemini, un des leaders mondiaux du conseil, des services informatiques et de l’infogérance, vient de publier conjointement avec Oracle, le Georgia Institute of Technology et le prestataire logistique Panalpina, une étude approfondie sur le marché mondial de l’externalisation des services logistiques. Plus de 1 000 responsables logistiques de chargeurs et de prestataires basés en Amérique du Nord, en Europe, en Asie-Pacifique et en Amérique latine ont été interrogés sur les principaux enjeux auxquels est aujourd’hui confronté ce secteur. Regards sur les enseignements à tirer de l’étude.

Les principaux résultats de cette enquête sont les suivants :
• Face à la crise économique, 82 % des chargeurs ont recours à des stratégies de réduction de leurs coûts et 60 % d’entre eux repensent leur chaîne logistique et les relations qu’ils entretiennent avec leurs prestataires logistiques.
• Si 88 % des chargeurs estiment que l’informatisation des services logistiques est importante, seuls 42 % d’entre eux sont satisfaits par les prestations de leurs fournisseurs à cet égard. Ce retard informatique a deux types de conséquences : pour les chargeurs interrogés, un manque d’indicateurs clés de performance et de visibilité pourtant indispensables à la réactivité de leur chaîne logistique ; pour les prestataires logistiques, des difficultés pour obtenir des données auprès des chargeurs.
• Les prestataires logistiques ont une image de leur rôle au sein de la chaîne logistique très différente de celle qu’en ont les chargeurs : 88 % des premiers estiment que le recours à des prestataires logistiques a un effet bénéfique sur le service délivré aux clients, alors que seuls 59 % des seconds partagent cet avis.

Le recours à l’externalisation représente en moyenne 47% du budget logistique des chargeurs nord-américains interrogés et 66 % de celui des européens. Cette tendance est appelée à s’accentuer au cours des cinq prochaines années.

« Les relations entre chargeurs et prestataires logistiques sont fortement altérées par le climat d’incertitude qui prévaut sur les marchés internationaux », déclare John Langley Jr., professeur de gestion de la chaîne logistique au Georgia Institute of Technology. « Les prestataires logistiques doivent impérativement limiter les risques financiers potentiels ainsi que toute conséquence que ceux-ci pourraient avoir sur la qualité des services qu’ils fournissent. »

Le recours aux prestataires logistiques dans un climat d’incertitude économique
Chargeurs et prestataires logistiques doivent prendre en compte des données nouvelles telles que l’impossibilité de prévoir l’évolution de la demande, l’instabilité des prix du carburant et des taux de changes, ou encore les potentiels excédents de stocks. Pour y faire face, les chargeurs s’efforcent non seulement de réduire leurs coûts mais également d’améliorer leur prévisionnel et la gestion de leurs stocks (pour 77 % d’entre eux).
Aussi, les deux principales raisons pour lesquelles les chargeurs font appel à des prestataires logistiques sont-elles la réduction des coûts et la fiabilité accrue des services. Ils souhaitent ainsi convertir leurs coûts fixes en coûts variables (pour 59 % d’entre eux), accéder à de nouveaux marchés ou lancer de nouveaux produits (pour 56 %) et restructurer leur chaîne logistique pour améliorer leurs performances financières (pour 48 %).
« Les entreprises du monde entier subissent encore les effets de la crise économique », indique Jim Morton, expert de chaîne logistique chez Capgemini Consulting. « Les chargeurs doivent profiter de cette période pour repenser leur chaîne logistique et reconsidérer le rôle des prestataires logistiques, ceux-ci pouvant les aider dans la réalisation de leurs propres objectifs. »

La réorganisation nécessaire de la chaîne logistique
Les chargeurs continuent d’externaliser beaucoup plus volontiers les services logistiques opérationnels et répétitifs que les services stratégiques nécessitant un contact client et un traitement informatique important. Toutefois, le contexte économique actuel leur offre l’opportunité de tester leur chaîne logistique et de la rendre plus flexible et plus réactive, tout en réduisant leurs coûts et en renforçant leurs relations avec leurs prestataires logistiques. 75 % des chargeurs interrogés s’accordent ainsi à dire que des relations plus stratégiques avec leurs prestataires logistiques leur permettraient de réduire leurs coûts.
Pour y parvenir, les chargeurs souhaitent que les prestataires logistiques renforcent leur expertise régionale et sectorielle pour mieux comprendre leurs besoins. Les chargeurs devront pour leur part faciliter l’accès à leurs données et collaborer avec les prestataires logistiques pour procéder à la refonte de leurs processus métier.
« En tant que prestataire logistique, nous savons que trois facteurs sont clés pour garantir la qualité des relations avec nos clients : communiquer de manière transparente et efficace, faire preuve de flexibilité et atteindre les objectifs qui nous sont fixés en termes de coûts et de qualité de service », souligne Kai Peters, responsable du développement de la chaîne logistique chez Panalpina. « Mais pour être un partenaire efficace de nos clients, il est également de plus en plus important que nous comprenions tous les enjeux de leur métier, au-delà des seules considérations logistiques. »

Vers une accélération de l’informatisation des services logistiques

L’informatique est considérée comme un élément central de la relation entre les prestataires logistiques et leurs clients. Pourtant, les chargeurs citent en tête des problèmes qu’ils rencontrent le retard dans l’intégration de leurs systèmes avec ceux de leurs prestataires (pour 55 % d’entre eux) et le manque de moyens informatiques des prestataires logistiques. Les deux parties souhaitent des structures informatiques réactives - en mesure de fournir des informations pertinentes sur les commandes, les expéditions, les stocks -, rentables et évolutives. Toutefois, les modes de prestation encore largement manuels et l’évolution constante des normes rendent difficiles les échanges de données et la collaboration entre chargeurs et prestataires logistiques. Pour 63% des prestataires logiciels, les interfaces en temps réel reliées aux systèmes de gestion des commandes des chargeurs figurent parmi les capacités informatiques dont ils ont le plus besoin.
« Lorsque les chargeurs externalisent des fonctions logistiques à un prestataire, l’informatique est une composante essentielle de la relation », déclare Jon Chorley, directeur associé en charge de la stratégie des produits de gestion de la chaîne logistique chez Oracle. « Les prestataires logistiques et les chargeurs doivent utiliser des plates-formes informatiques intégrées, qui permettent d’avoir une visibilité sur l’ensemble de la chaîne logistique, afin d’attendre un niveau de productivité élevée et d’offrir un service de qualité aux clients. »
Parmi les autres problèmes évoqués par les chargeurs ayant recours aux services de prestataires logistiques figurent le manque d’initiative pour améliorer et optimiser les prestations, ainsi que le non respect des engagements de qualité de service (tous deux cités par 46 % des personnes interrogées).

Le rôle-clé des prestataires dans la réussite des opérations logistiques
Selon l’étude, les avis des chargeurs et des prestataires logistiques convergent quant aux enjeux stratégiques du secteur, mais les seconds ont généralement une vision plus positive que les premiers des relations qu’entretiennent les deux parties et sont moins conscients des problèmes potentiels. Aussi les prestataires logistiques doivent-ils encore progresser pour satisfaire pleinement les attentes de leurs clients. Par exemple, 82 % d’entre eux considèrent qu’ils fournissent des moyens innovants d’améliorer les performances de la chaîne logistique, tandis que seulement 50 % des chargeurs interrogés estiment bénéficier de ce type de service. De la même manière, seuls 54 % des chargeurs constatent des améliorations dans la qualité des services fournis, contre 71 % des prestataires logistiques.